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Né à Langres en 1958, Thierry Beinstingel est cadre dans les télécommunications. Il a publié, aux éditions Fayard, Central (2000), Composants (2002), qui a reçu une mention au prix [...]Lire la suite >>
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Zone

De Mathias Enard
Zone - Mathias Enard
Paru le : 15/08/2008
Editeur : Actes Sud
Collection : Romans, Nouvell
Rubrique : Romans
ISBN : 2742777059
EAN : 9782742777051
Nb. de pages :
Poids : 667 g
Dimensions : 14.6cm x 24.1cm x 3.6cm

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Autre(s) édition(s) disponible(s) :

Zone
Prix : 9.97 €
Paru le : 2010/08/15
Editeur : Actes Sud

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Mathias Enard

Mathias Enard


Mathias Enard est né à Niort en 1972. Il arrive à Paris pour étudier l'art contemporain et publie Travail de nuit, poèmes en lithographie en collaboration avec l'artiste-imprimeur Thomas Marin, imprimé chez Franck Bordas.
Par la suite, il commence à étudier l'arabe et le persan aux Langues [...]Lire la suite >>

Repéré par Georges Grospiron


Face à l'une des caractéristiques de ce livre, ma première réaction a été de penser au procédé.
Pensez, un livre sans points, on a connu d'autres formes de disparitions.

Mais celle-ci fonctionne, et se justifie. Le personnage voyage à bord d'un train et songe. Et l'on suit le fil [...] Lire la suite >>

Quatrième de couverture Repéré par Georges Grospiron Dans la presse Extrait du livre Présentation de l'auteur

Quatrième de couverture

Par une nuit décisive un voyageur lourd de secrets prend le train pour Rome, revisite son passé et convoque l'Histoire, dans un immense travelling qui mêle bourreaux et victimes, héros et criminels des guerres de la Méditerranée : une Iliade de notre temps.

Trajet, réminiscences, aiguillages, allers-retours dans les arcanes de la colère des Dieux. Zeus, Athéna aux yeux pers et Arès le furieux guident la mémoire du passager de la nuit, fils d'un Français qui a fait la guerre d'Algérie et d'une pianist d'origine croate. Adolescent doublement imprégné de patriotisme, puis d'extrêmedroitisme, il a prolongé son service militaire en sections spéciales et autres commandos, puis s'est fiancé avec la très blanche Marianne. Mais la guerre d'indépendance de Croatie, puis la Bosnie ont fait bouillir le sang qui coulait dans ses veines.
Comme d'autres volontaires - Andrija surtout, dont il porte encore le deuil, et Vlaho le débonnaire qui finira mutilé - il est allé accomplir sa part de carnage, de viols, de cruautés (certaines scènes hantent encore ses insomnies). Saturé de violence, il s'est fait oublier quelque temps dans la mortifère Venise (où Marianne l'a rejoint et bientôt largué d'un féroce coup de pied dans les génitoires). Puis il est rentré en France où il s'est montré peu bavard - avec son père, pourtant, il aurait pu confronter quelques souvenirs d'interrogatoir es particuliers - s'est présenté et a échoué aux concours du Quai d'Orsay, est entré dans un Service du Renseignement où il a connu Stéphanie (deuxième amour, deuxième échec), puis s'est vu attribuer une ? Zone??

Mais ce soir (quinze ans après ses premiers faits d'armes) c'est sous une identité d'emprunt que Francis Servain Mirkovic s'installe dans le train Milan-Rome pour ZONEce qui devrait être le dernier voyage de sa carrière professionnelle. Au-dessus de lui, une mallette que par précaution il a menottée à une des barres du filet à bagages. Demain à Rome (où Carol Vojtila n'en finit plus de gésir sur son lit d'agonie) un représentant du Vatican lui donnera trois cents mille euros - l'allusion aux trente deniers de Judas le fait sourire - en échange du trésor patiemment rassemblé dans les marges de son activité d'agent du Renseignement français dans sa Zone (d'abord l'Algérie puis, progr essivement, l'ensemble du Proche-Orient). Le contenu de la mallette : des années de missions et d'investigations. Un compendium d'archives, de fiches, de disques informatiques, d'images et de documents concernant des centaines d'individus - commanditaires ou intermédiair es, cerveaux ou exécutants, agitateurs et terroristes de toutes obédiences, marchands d'armes et trafiquants, criminels de guerre en fuite. Les hommes de l'ombre et de l'action - sans guerres, l'Histoire serait pétrifiée, le monde serait mort d'ennui ! - qu'il a côtoyés, d'Alexandrie à Tel Aviv, du Caire à Jérusalem, d'Alger à Gaza ou Beyrouth. Une dernièr e transaction et il pourra changer de vie, peut-être emménager avec Sashka, une jeune Russe, peintre d'icônes?

Mais la nuit risque d'être longue. Le train démarre, Francis Servain Mirkovic allias Yvan Deroy est assis dans le sens contraire de la marche, adossé à son avenir - enfin ! - et les yeux tournés vers le passé qui défile?

S'il fallait d'une image représenter la violence de tout un siècle, ne faudrait-il pas en effet choisir un train - un transport d'armes, de troupes, de prisonniers ou de déportés qu'on achemine vers les camps ? Mais dans ce roman d'une ambition hors normes (à bien des égards digne d'un Tsirkas, d'un Jergovic ou d'un Vollmann) la phrase elle aussi inscrit sa trace opiniâtre, itérative, récurrente dans l'immensité de l'espace-temps méditerranéen dont toutes les batailles, dont tous les hauts lieux, dont toutes les figures belliqueuses sont convoquées et invoquées. Phrase-palimpseste dont les méandres explorent peu à peu le charnier géopolitique qui horizontalement s'étend de Zagreb à Beyrouth, d'Istanbul ou Trieste à Barcelone. Méticuleuse entreprise qui verticalement fouille les strates successives des civilisations de la mare nostrum, retour nant à Rome (bien sûr) comme à un recommencement de l'Histoire, et à Homère (bien sûr) comme au plus éternel des aèdes fondateurs.

Roman ferroviair e, circulatoir e et archéologique qui ne cesse d'exhumer des tesselles, fragments d'une stupéfiante mosaïque où les héros littéraires (Genet à Chatila, Pound à Venise, Burroughs à Tanger) et guerriers (Hannibal en Italie, Cervantès à Lépante, Napoléon à Lodi) comme les cohortes de victimes (prisonniers des geôles syriennes, Arméniens génocidés dans le désert de Der el Zor, milliers de juifs de Salonique acheminés vers Auschwitz) et de bourreaux (l'espagnol Millán Astray, le croate Ante Pavelic, Franz Stangl le commandant de Treblinka et tant d'autres encore) prennent place ensemble dans la dérive d'un homme au carrefour de sa vie, de ses hontes et de ses défaites amoureuses - car c'est aussi par la trop enviable beauté d'une femme qu'est advenue la guerre de Troie?.

Si documenté qu'il soit (parce que nourri d'Histoire mais aussi de témoignages de combattants), Zone n'en revendique pas moins la liberté de re-création - témoin le faux-vrai livre que feuillette Francis Servain Mirkovic dans cette nuit au terme de laquelle il voudrait se délester de ses armes et bagages. L'histoire littéraire , elle non plus, n'a jamais pu démêler ce qui, dans l'Iliade, est faux de ce qui est vrai, car la forme en est si tenue qu'elle semble défier toute hypothèse d'improvisation. Par ?coïncidence?, Zone comporte autant de chapitres - vingt-quatre - que l'Iliade a de ?chants?, et chacun d'entre eux réfracte une péripétie du récit homérique. Le lecteur a-t-il seulement conscience du tour qui lui est joué ? Il y a entr e Milan et Rome (et d'un chapitre à l'autre, entre les villes qui scandent ce voyage) le même nombre de kilomètres que de pages de littérature. Qui osera désormais prétendre que le roman français a le souffle court ?
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Repéré par Georges Grospiron

Face à l'une des caractéristiques de ce livre, ma première réaction a été de penser au procédé.
Pensez, un livre sans points, on a connu d'autres formes de disparitions.

Mais celle-ci fonctionne, et se justifie. Le personnage voyage à bord d'un train et songe. Et l'on suit le fil de son introspection.
Prenant, très bien écrit, il déroule son histoire, ses histoires, et ne se réduit pas à sa forme.
Pratiquement, un livre sans point est délicat à lire, les repères habituels manquent, et il est difficile d'interrompre sa lecture pour la reprendre plus tard. Savoir où le laisser, pousser jusqu'à la fin d'un chapitre ou non, laisser la phrase en suspension un peu au hasard ou non, dans ce roman tendu, ce n'est pas simple.
Le livre le demande pourtant.
Dense et complexe, il fait partie de ces romans que l'on ne peut lire d'une seule traite, mais qu'il faut prendre le temps d'apprécier et de digérer. Savoir le poser, pour le reprendre plus tard.

Parler de ce qu'il raconte, beaucoup l'ont déjà fait, et comme souvent avec les bons livres, ce n'est pas essentiel.
Voila ce qu'en dit l'éditeur:

"Par une nuit décisive un voyageur lourd de secrets prend le train pour Rome, revisite son passé et convoque l'Histoire, dans un immense travelling qui mêle bourreaux et victimes, héros et criminels des guerres de la Méditerranée : une Iliade de notre temps."


Pour l'instant, le plaisir est là, mais attention, nous ne sommes pas dans le domaine du demi-roman à l'eau de rose publié par un auteur bien épaulé par les gens du marketing.
...

Ça y est, j'ai fini Zone. Etonnant la façon dont ce livre m'a demandé du temps.
Et c'est confirmé, il s'agit d'un livre exigeant, mais pas exclusif, maniéré ou snob. Il est délicat dans la forme et sur le fond.
Nous errons à la suite de ce personnage imaginaire; sur sa trace furtive dans le monde réel, son trajet dans la Zone et la vie, au fil de ses souvenirs. Et c'est fascinant.
Une sorte de heureux hasard a fait qu'au moment où je le lisais, j'ai vu et revu l'exposition "Alors que je mourrais" du photographe Paolo Pellegrin. Cette exposition résonne avec Zone, c'est un écho photographique du roman, comme des illustrations et des visions du monde dans lequel se meut le héros. Si vous en avez l'occasion, un conseil, allez la voir.
Pour continuer dans la comparaison, ce livre se joue d'une certaine façon dans la même cour que le film Valse avec Bachir et il ne s'agit pas vraiment d'une cour de récréation.

En peu de mots, un livre passionnant, puissant, et qui demande des efforts.
Ce qui n'est pas désagréable, par les temps qui courent.


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Dans la presse

le lecteur ne se perd jamais dans les volutes vertigineuses, les sarcasme et le désarroi du narrateur qui, à l'instar des Troyens ou des Grecs, mène (et perd) des combats inexpiables pour une inaccessible et chimérique Hélène.
Livres Hebdo - Jean-Maurice de Montremy

Il faut se laisser prendre par le rythme de cette fresque époustouflante (.. .) accepter ses dimensions, renoncer à maîtriser sa géographie et courir le risque de la noyade, danger à quoi aucun lecteur ne devrait couper.
Le Magazine Littéraire - Bernard Quiriny

Avis, alors, aux lecteurs effrayés par l'aspect 'performance' de 'Zone' : ne boudez pas cette exigeante mais inoubliable invitation au voyage.
Lire - Baptiste Liger

Le moins qu'on puisse dire est que l'auteur de 'Zone' a choisi sa focale, pour donner à l'obsession mémorielle de l'Occident sa forme la plus percutante. Remarquablement documenté, il tient le cap des premiers mots jusqu'aux derniers. Son livre n'est pas un roman, c'est un train fantôme, peuplé de crimes contre l'humanité, de viols et d'écrivains aux pulsions violentes (Burroughs, Lowry, Joyce.. .)
Le Nouvel Observateur - Grégoire Leménager




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Extrait du livre

tout est plus difficile à l'âge d'homme, tout sonne plus faux un peu métallique comme le bruit de deux armes de bronze l'une contre l'autre elles nous renvoient à nous-mêmes sans nous laisser sortir de rien c'est une belle prison, on voyage avec bien des choses, un enfant qu'on n'a pas porté une petite étoile en cristal de Bohême un talisman auprès des neiges qu'on regarde fondre, après l'inversion du Gulf Stream prélude à la glaciation, stalactites à Rome et icebergs en Egypte, il n'arrête pas de pleuvoir sur Milan j'ai raté l'avion j'avais mille cinq cents kilomètres de train devant moi il m'en reste cinq cents, ce matin les Alpes ont brillé comme des couteaux, je tremblais d'épuisement sur mon siège sans pouvoir fermer l'oeil comme un drogué tout courbaturé, je me suis parlé tout haut dans le train, ou tout bas, je me sens très vieux je voudrais que le convoi continue continue qu'il aille jusqu'à Istanbul ou Syracuse qu'il aille jusqu'au bout au moins lui qu'il sache aller jusqu'au terme du trajet j'ai pensé oh je suis bien à plaindre je me suis pris en pitié dans ce train dont le rythme vous ouvre l'âme plus sûrement qu'un scalpel, je laisse tout filer tout s'enfuit tout est plus difficile par les temps qui courent le long des voies de chemin de fer j'aimerais me laisser conduire tout simplement d'un endroit à l'autre comme il est logique pour un voyageur tel un non-voyant pris par le bras lorsqu'il traverse une route dangereuse mais je vais juste de Paris à Rome, et à la gare centrale de Milan, dans ce temple d'Akhenaton pour locomotives où subsistent quelques traces de naige malgré la pluie je tourne en rond, je regarde les immenses colonnes égyptiennes qui soutiennent le plafond, je bois un petit verre par ennui, à une terrasse ouverte sur les voies comme d'autres sur la mer [...]


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Présentation de l'auteur

Mathias EnardMathias Enard est né à Niort en 1972. Il arrive à Paris pour étudier l'art contemporain et publie Travail de nuit, poèmes en lithographie en collaboration avec l'artiste-imprimeur Thomas Marin, imprimé chez Franck Bordas.
Par la suite, il commence à étudier l'arabe et le persan aux Langues O' et part accompagner un photographe dans un reportage sur la Croix- Rouge libanaise durant l'été 1991. Premier contact (très fort) non seulement avec le monde arabe, mais aussi, indirectement, avec les récits de guerre et les combattants. Il écrit encore des poèmes que Thomas Marin illustre et imprime, Parfois entre nous la mer, plaquette publiée aux Éditions du Zinc. En 1992, il part étudier le persan à l'université Shahid Behechti de Téhéran quelques mois, puis s'installe en Egypte et à Venise, grâce à des bourses d'études.
Lesdites études avancent : il publie une note sur Hâfez, rédige un mémoire sur Edouard-el-Kharrat et s'essaye à la traduction.
On lui offre la possibilité de passer une année à l'Institut français d'études arabes à Damas. Mathias Enard approfondit alors sa connaissance de la littérature arabe, sa poésie se transforme. Il rencontr e Jacques Réda et devient son guide à Palmyre. A Damas, il croise aussi Mahmoud Darwich et Nazih Abu Affash. Il écrit un autre mémoire sur le récit bref dans l'Iran classique, et s'installe pour deux ans dans un village de Syrie du Sud, Soueida, où il profite de l'hospitalité druze, comme coopérant.
Entre-temps il redécouvre le Liban et Beyrouth, où il entend quelques-uns des récits qui prendront place dans La Perfection du tir. Puis, après un passage à Tunis et un retour à Paris, il est nommé allocataire à l'Institut français de recherche en Iran en 1998.
A Téhéran, pour sa thèse, il traduit Ahmad Châmlou et Sayyâb et publie quelques notes dans Abstracta Iranica. Il rencontre des combattants de la guerr e Iran-Irak et commence la rédaction de La Perfection du tir. Il finit par s?installer à Barcelone, où il enseigne le français, puis la traduction, puis le persan. Il rejoint les revues espagnoles Lateral et Quimera, où il publie régulièrement interviews, articles critiques et nouvelles.
En 2003 paraît chez Actes Sud son premier roman, La Perfection du tir, qui lui vaudra le prix des cinq continents de la francophonie et le prix Edmée de La Rochefoucault, suivi, toujours chez Actes Sud, en février 2005 par Remonter l'Orénoque, dont la parution précède de quelques mois son départ comme pensionnaire à la Villa Médicis, à Rome. Durant son séjour paraît sa contribution à Rooms, anthologie de chambres d'hôtel dirigée par Olivier Rolin.
De retour de la Villa Médicis, Mathias Enard retrouve Barcelone et un poste de professeur d'arabe à l'université. En janvier 2007 paraît aux éditions Verticales Bréviaire des artificiers, bref essai burlesque sur le terrorisme illustré par Pierre Marquès.
Il est par ailleurs membre du comité de rédaction de la revue Inculte depuis sa création.

Interview de Mathias Enard pour le magazine Transfuge à l'occasion de la parution de son roman Zone (Actes Sud, 2008).



Mathias Enard
envoyé par TRANSFUGE-magazine. - Court métrage, documentaire et bande annonce.


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