Une chambre en Hollande
De Pierre Bergounioux
Paru le : 12/02/2009
Editeur : Editions Verdier
Collection : Litt Francaise
ISBN :
EAN : 9782864325680
Nb. de pages :
Poids : 98 g
Dimensions : 13.9cm x 22cm x 0.5cm
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Prix éditeur : 9.80 €
Prix deslivres : 9.31 € (-5%, Maximum legal autorisé)Loi Lang sur le prix unique du livre
du 10 juillet 1981
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du 10 juillet 1981
Repéré par Christophe Fiat Quatrième de couverture Dans la presse Extrait du livre Présentation de Pierre Bergounioux
Repéré par Christophe Fiat
J’ai lu une chambre en Hollande de Pierre Bergounioux à l’occasion d’un voyage récent à Amsterdam. C’est le premier livre que je lis de cet auteur qui a publié plus de quarante ouvrages depuis 1984. Il nous propose une épopée historique de la France en 57 pages, laquelle trouve une issue en Descartes qui publia pour la première fois de la philosophie en langue française avec Le discours de la méthode (1637). À la fin de ce livre qui n’est autre qu’une préface à un livre plus vaste, Le monde, qu’il publiera en extrait sous le titre la Dioptrique, les Météores, la Géométrie, Descartes écrit : « Et si j’écris en français qui est la langue de mon pays, plutôt qu’en latin, qui est celle de mes précepteurs, c’est à cause que j’espère que ceux qui ne se servent que de leur raison naturelle toute pure, jugeront mieux de mes opinions, que ceux qui ne croient qu’aux livres anciens », quant aux autres qui méprisent le français, il espère qu’ils ne le liront pas. Si j’ai cité Descartes, avant de citer Bergounioux, c’est parce qu’une chambre en Hollande est un livre sur l’exil et sur la peur. C’est à Amsterdam que le philosophe a fui pour être en sécurité et c’est là qu’il affronte les forces de répressions qui l’empêchent de penser librement dans son pays. Avec Descartes, je ne peux pas m’empêcher de penser que Bergounioux essaye de nous montrer que l’exil sera peut-être une solution prochaine pour les écrivains qui ne pourront plus écrire, ni vivre comme ils le désirent dans une France dévorée de l’intérieur par l’affairisme, le cynisme et le fascisme médiatique. Ce qui s’appelait au XVII ème siècle : l’absolutisme naissant. Il n’y a pas d’épopées objectives. Toutes les épopées depuis Brecht sont critiques, démystificatrices et contestataires. Plus que l’épopée du peuple français qui débute ici avec la fondation de la Gaule, il s’agit de l’épopée de la littérature dont Bergounioux dit que la propagation de l’écrit en Gaule, donc son entrée dans l’histoire est contemporaine de l’adoption du droit romain qui impose son diktat sur la culture celtique. Une littérature qui trouve dans l’action, via Descartes, sa vérité : « L’important, ce n’est pas ce qu’on raconte. C’est ce qu’on fait (p 55) ». Ce qui ne signifie pas qu’il y a d’un côté les artistes et de l’autre les non artistes. Bergounioux veut dire qu’un écrivain agit en racontant une histoire et que c’est cette action qui est première sur la narration, même si à la fin, certains n’en retiennent que les fables : « Il n’avait pas le temps et il en était conscient » continue Bergounioux « Mais comment réprimer le regret de le voir si concis sur l’effet que tant d’hommes rencontrés, d’événements, de pays firent sur son âme ingénue, intrépide, en ces années d’apprentissage qui le voient chevauchant en compagnie des reîtres, recherchant la société des savants, puis derechef, marchant avec les reîtres. Quel sujet d’étonnement pour nous mais pas pour lui aussi, sans doute, que le commerce alterné d’assassins professionnels, de brutes adonnées, entre les combats, au vin, à la débauche, et des rares esprits éclairés qu’on est désormais assuré de trouver, pour peu qu’on les cherche, dans les localités européennes… » (p 36). A la fin, comment ne pas voir aussi que Bergounioux parle aussi de l’Europe du début du XXI è siècle ? Si nous ne manquons pas de tragédie, ni de guerres, il faut aussi comprendre ce livre comme un processus de fabrication d’un héros ou antihéros, soit qu’on considère Descartes comme un modèle ou un excitant. Quoi qu’il en soit, l’écrivain doit être un stoïcien et quelqu’un d’engagé dans l’histoire, la sienne et celle des sociétés.Tous les conseils de Christophe Fiat
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Quatrième de couverture
L’acte de naissance du sujet de la connaissance a été dressé par un Français. C’est le Discours de la méthode.Mais c’est en Allemagne que Descartes l’a conçu, en rêve, et aux Pays-Bas qu’il l’a rédigé. Si le monde se ramène depuis lors, à deux substances, l’étendue et la pensée, leurs rapports ne vont pas sans complications ni sautes.
La vie même de Descartes en est l’illustration.
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Dans la presse
La Liberté, samedi 2 mai 2009Sur les traces de Descartes
par Alain Favarger
Ce libelle n’est pas un traité de philosophie. L’apport de Descartes à cette discipline y est principalement résumé à quelques formules célèbres (« je pense, donc je suis », « douter, c’est penser », ou la raison, comme le dit le Français dans la foulée de Thomas Hobbes, c’est « le calcul des conséquences »). Le but de l’écrivain natif de Brive est plutôt de montrer comment l’auteur du Discours de la méthode a conçu et rêvé son œuvre hors de France, en Ailemagne, avant de la rédiger aux Pays-Bas. Ce qui nous vaut sous la plume enveloppante de Pierre Bergounioux un tableau synthétique de l’Europe de la Renaissance, étape cruciale de l’accélération de l’Histoire et de l’éveil du moi, à la consolidation des États-nations au XVIIe siècle.
L’essayiste souligne que la France ne se prête guère à l’époque, comme souvent d’ailleurs, à l’activité philosophique, ses institutions, sa religion, son goût prononcé pour la vie sociale et la conversation étant plutôt hostiles « au libre examen sans lequel bien des choses, importantes, resteront hors d’atteinte de l’esprit ». C’est pourquoi un Descartes préfère s’exiler, humer en bordure de la mer du Nord « des vues autonomes, indifférentes à l’autorité ». Ainsi cet essai alerte permet de fixer les étapes du parcours biographique et intellectuel de celui auquel les Français doivent leur réputation de raisonner de manière claire, logique et méthodique…
La Quinzaine littéraire, n°990, 16-30 avril 2009
Penser d’ailleurs
par Hugo Pradelle
Un livre sous forme de précipité de pensée, d’histoire, de géographie et de langue. Pierre Bergounioux y brosse le portrait de Descartes et d’un monde occidental en plein bouleversement, il y dessine la carte de notre mentalité, ses contradictions, ses frontières instables, pour ne pas dire dangereuses. Il saisit un temps, une pensée, et, depuis cet instant perdu, lumineux, s’inquiète de la disparition de la réalité.
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Extrait du livre
Descartes n’exercera pas un emploi d’intendant. Il ne passera pas le restant de ses jours en Italie. Et comme peu de vies incitent autant que la sienne à rêver, à l’imaginer autre, puisqu’elle a touché, à un moment ou à un autre, tous les objets, tous les endroits, frémi des divers personnages qui leur sont appariés, on résiste difficilement à la tentation de supposer, un instant, que le connétable de Lesdiguières l’a pris à son service. La question de savoir « comment nous devons vivre », que Descartes se pose depuis qu’il a quitté, l’année précédente, les Catholiques impériaux, est réglée. Bien sûr, il sert dans l’armée, comme son père y songeait, pour lui, dès sa naissance, comme lui-même n’a pas manqué de le faire au sortir du collège, après avoir composé, pour sa propre gouverne, un traité d’escrime. Mais il est logé dans quelque palais de marbre avec les officiers, les gens des bureaux, et non plus dans la tranchée ou une chambre basse munie d’un poêle, dans la désolation. À l’alternance des marches, des combats de l’été et de l’oisiveté forcée de l’hiver succède un travail régulier car il faut nourrir, vêtir, équiper les armées en toute saison. Enfin, à la fenêtre, l’opulence, la lumière dorée de la Lombardie ont remplacé la nuit glacée de l’Allemagne, l’œuvre d’art à laquelle s’apparente l’Italie, la vie colorée de ses rues et de ses places, les forêts de Moravie, les farouches habitants de l’Europe orientale. On peut se demander ce que l’obtention d’un tel emploi eût changé. L’irrésolution de Descartes est assez grande, encore, pour lui dérober ce que nous tenons, après coup, pour acquis. Mais nous savons que l’évidence ne s’impose qu’après de douloureuses et longues hésitations. Elle est conquise de haute lutte sur les possibles qui s’offrent, à chaque instant, comme un des visages que prendra, demain, la réalité, la négation inséparable de toute détermination. Le connétable n’est pas persuadé que le jeune gentilhomme venu de France par Bâle, Zurich, le Tyrol et Venise soit bien assidu au soin de tenir un compte rigoureux des dépenses de son armée. Il paraît trop curieux de trop de choses étrangères à cet emploi. Ou bien c’est Descartes qui juge qu’une charge importante le priverait de la liberté dont il a continuellement usé, dénonçant ses engagements pour voir autant de pays, de choses tant « naturelles » ou « civiles » qu’il en a l’envie.Haut de page
Présentation de : Pierre Bergounioux
Originaire du Quercy par sa mère et du Limousin par son père, Pierre Bergounioux naît à Brive-la-Gaillarde en 1949. Il quitte sa ville natale pour suivre des études à Limoges, à Bordeaux puis à Paris où il intègre l'École normale supérieure. Agrégé et docteur es-lettres, il enseigne aujourd'hui le français en région parisienne. Passionné d'entomologie et pratiquant la sculpture, Pierre Bergounioux écrit depuis une vingtaine d'année. Son premier roman, Catherine, paraît aux Éditions Gallimard en 1984. Près d'une quarantaine de livres ont été publiés depuis, constituant une œuvre où, selon les termes de Jean-Pierre Richard, « l'on regarde, touche, respire, écoute comme nulle part ailleurs, peut-être, dans la littérature d'aujourd'hui. Avec une énergie, un tranchant qui ne cesse de séduire à la lecture. » Le premier Prix François Mauriac ainsi que le Prix Charles Bisset lui ont respectivement été decernés pour Ce Pas et le suivant et pour Le Premier mot. "À des intervalles qui me semblaient long, je quittais l'ombre du frêne pour étudier l'eau. On aurait dit du cristal reflétant une flambée. Elle charriait des aigrettes, des globules éblouissants qui blessaient les yeux. Il n'y avait rien à faire qu'à patienter, comme à la fin de la nuit prochaine, si elle daignait descendre, je devrais attendre que la ténèbre se disjoigne, devienne les bois, le ciel, l'herbe où se hâtaient les petits assassins aux poignards dentelés.
C'est là que le dessein tout simple, très sacrilège, que j'avais conçu puis délaissé s'est imposé."
Pierre Bergounioux. Le Premier mot, collection blanche, Gallimard, 2001
Dans la presse :
Depuis 1984, Pierre Bergounioux écrit. Des textes courts, d'une beauté à couper le souffle, appelés parfois romans, dans lesquels inlassablement il quête les paysages de l'enfance, les gestes d'un monde souvent silencieux, les visages des disparus, l'élucidation de la condition humaine.
Catherine Argand. Lire, novembre 2002
Il n'est pas certain que l'on puisse, avec d'autres mots que ceux de Pierre Bergounioux, ceux de la critique par exemple, résumer valablement le souci qui anime et informe son œuvre. Ou bien, on la banalisera outrageusement, en se contentant de souligner ce trait qui la caractérise : la répétition, la reprise, l'éternel retour du même. Car Bergounioux n'a pas mille choses à raconter, à recréer, mais une seule. Il n'a pas à sa disposition de vastes espaces, réels ou imaginaires, mais toujours les mêmes arpents de terre : la Corrèze de son père, le Lot, qui est du côté maternel, et plus largement « cette zone plissée, imprécise, qui sépare l'Auvergne de l'Aquitaine ». [...]
Toujours, dans les livres de Pierre Bergounioux, s'affrontent le monde silencieux, opaque, des origines, dont les secrets ont été mis sous scellés dans le cœur du narrateur, et le désir d'accéder à la lumière, à la raison et à son langage. L'aspiration à la liberté de parler ce langage, d'éclairer l'opacité du cœur l'anime et donne à sa voix un timbre juste, sobre, bouleversant.
Patrick Kéchichian. Le Monde des Livres, 3 mai 2001
Loin d'invalider les merveilleux récits de la lente coulée des jours sur un coin de terroir, lui-même soumis à son insu aux transformations radicales de la société française, La Mue hier, et aujourd'hui L'Orphelin, y ajoute au contraire ces révélations sur le tremblement de l'âme, qui permettent rétrospectivement d'entrevoir un immense travail de conquête sur soi. On se trouve là , à n'en pas douter, aux plus proches abords d'une autre source importante de l'écriture de Pierre Bergounioux. De là , sans doute, le surcroît d'émotion qui fait vibrer ce grand livre du déchirement.
Jean-Claude Lebrun. L'Humanité, 7 octobre 1992
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