Un vrai malaise
J'ai halluciné. Un vrai malaise. On l'a vu partout, à Ce soir ou jamais avec son ami intime Frédéric Taddeï pendant trente minutes en tête à tête, en double page dans Le Point, à l'émission Vous aurez le dernier mot de Franz-Olivier Giesbert, en couverture du magazine Chronic'art... Je parle de Marc-Édouard Nabe, infâme personnage qui vient de faire paraître en autoédition son dernier roman. J'aurais préféré ne pas en parler mais hélas ! on essaie aujourd'hui dans le landernau médiatique de l'imposer comme le génie maudit de notre époque, et c'est très grave. D'abord parce que ce n'est pas un génie, loin s'en faut. Il écrit comme Céline, certes, il éructe comme Céline, oui vraiment !!!, et il reprend de Céline que la littérature, ce doit être comme du sang qui coule dans les veines, une matière vivante. Mais voilà : le sang de Céline coula neuf, alors que celui de Nabe coule recyclé. Une pâle copie. C'est faire bien peu de cas de l'art que de dire d'un imitateur qu'il est un grand écrivain. C'est grave pour une autre raison : on a menti par omission sur Nabe. On essaie de nous faire croire qu'il est fréquentable. Agathe Fourgnaud du Point ose écrire : «Considéré tour à tour comme un écrivain d'extrême droite puis d'extrême gauche, Nabe est en réalité un anarchiste qui ne roule que pour lui.» Ah bon ? [...] [...] La vraie culture, c'est de la résistance, c'est de la liberté volée à notre société capitaliste, utilitariste, c'est du politiquement incorrect. Elle n'a pas besoin de meurtres pour rester vivace.
Vincent Jaury, extrait de l'édito du numéro d'avril 2010 de Transfuge
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